Ludivine et sa famille, une résilience à toute épreuve

18/07/26 | Portraits

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Ludivine, 40 ans, et son mari Laurent forment avec leurs trois enfants – Lucien, Loïc et Lynette – une famille unie malgré les tempêtes traversées ces dernières années. En trois ans et demi, ils ont affronté deux diagnostics de cancer : d’abord celui de leur fille cadette Lynette, atteinte d’une leucémie à l’âge de 3 ans et demi, puis celui de Laurent, son époux, pour un glioblastome quelques semaines après la rémission de Lynette. "Cela fait trois à quatre ans que la maladie fait partie de notre quotidien," confie Ludivine.

Si Lynette est désormais en rémission, son combat a laissé des traces, entre la fatigue persistante liée aux séquelles de la chimiothérapie et la charge émotionnelle que cette maladie laisse au sein de la famille. L’annonce du cancer de Laurent a, quant à elle, marqué une nouvelle étape dans leur parcours. "Pour la maladie d’un enfant, on est deux pour gérer. Pour celle d’un conjoint, on est seul."

Le quotidien bouleversé et une famille soudée

Les épreuves successives ont imposé de nombreux sacrifices. Pendant les soins de Lynette, la vie de famille a été marquée par l’isolement dû au contexte du Covid, accentuant encore les défis logistiques et émotionnels. Les grands frères, Lucien et Loïc, ont dû s’adapter et faire preuve de maturité. "Ils étaient hyper protecteurs avec leur sœur, malgré l’isolement. Grâce aux téléphones, le lien n’a jamais été coupé."

Pour faire face à la maladie de Lynette, Ludivine avait déjà mis sa carrière entre parenthèses, s’arrêtant plusieurs années pour l’accompagner dans ses traitements. Laurent, quant à lui, accompagnait les grands frères dans leur quotidien à la maison pour préserver ce cadre. Mais ces deux rôles différents entre les parents peuvent aussi être source de tension  : "On découvre à quel point la gestion de la maladie diffère selon qu’on est à l’hôpital ou à la maison. Les visions se confrontent et cela met à l’épreuve la communication et le lien dans le couple." 

Aujourd’hui, Ludivine a repris son travail à mi-temps, tout en continuant de s’occuper de son mari.

L’importance des moments de répit

Malgré les épreuves, la famille reste tournée vers l’avenir et saisit chaque opportunité de se ressourcer. Le séjour de répit organisé par l’association LEA et la Fondation pour les Familles à Pont Royal a été une véritable bouffée d’air. "On a su qu’on partait deux jours avant, et c’était parfait. Pas le temps de se faire des idées, juste celui de savourer cette surprise."

Cette parenthèse a permis à chacun de déconnecter : Laurent, fatigué par les chimios, a apprécié de quitter la maison, les enfants se sont plongés dans les activités proposées, et Ludivine a trouvé du réconfort auprès des autres familles présentes. "Les enfants ont rencontré d’autres enfants traversant les mêmes épreuves. Nous avons échangé avec d’autres parents sur nos expériences. On n’a pas les mêmes maladies, mais on se retrouve sur tant de points."

Au-delà du plaisir, ce séjour a marqué un tournant dans leur manière de vivre ces instants précieux. "Pour une fois, on était vraiment en vacances, pas juste chez papy et mamy. Ce moment restera gravé comme un vrai souvenir de vacances."

Retrouver l’équilibre, un pas à la fois

Pour Ludivine, ces moments de répit sont indispensables pour reconstruire l’équilibre familial. Ils permettent de couper avec un quotidien alourdi par la charge mentale et les contraintes liées aux maladies. "Quand l’association parle de bulle d’oxygène, c’est exactement ça. Pendant un instant, la maladie n’était plus là."

Aujourd’hui, la famille continue d’avancer, un jour à la fois, portée par ces souvenirs lumineux et le soutien précieux de leur entourage. "Nous avons gardé contact avec les familles rencontrées lors du séjour. Cela nous aide à nous rappeler que, même dans les moments les plus durs, nous ne sommes pas seuls."